7 mois et 10 jours d’absence, 7 mois et 10 jours de silence, 7 mois et 10 jours que plus rien n’apparaît ce petit blog que j’avais abandonné faute de temps, faute d’inspirations, faute, peut être, d’une réelle envie d’écrire. Mais j’ai eu envie aujourd’hui de relire, de voir ou je m’étais arrêté d’écrire, et lire les derniers articles m’a redonné le désir de reprendre la main, même si les mots ne me viendront peut être plus aussi facilement, et que les articles seront certainement moins longs et moins nombreux qu’avant.
La dernière fois qu’on ma demandé pourquoi je n’écrivais plus rien, j’ai ré&pondu que c’était parce que je l’avais démarré avec une histoire d’amour, et que, l’histoire d’amour s’étant achevé, et qu’un nouveau bonheur avait commencé, ça n’en valait plus vraiment la peine, et comme je pensais avoir définitivement tourné une page… mais quelques expériences m’ont malheureusement, prouvé le contraire…
Bref, j’ai, je crois, retrouvé le gout d’écrire et d’entretenir ce blog à nouveau.
La petite réflexion du jour est : une amitié en vaut-elle une autre ?
Enfin, pour clore cet article de « renaissance »(^^) je vous met en ligne ma dernière nouvelle, qui a signé leur d’une (grosse) délivrance…
Bonne lecture
Tourner une page…
La vie était belle, du moins est-ce ainsi que je la voyais désormais et que je voulais qu’elle soit. J’étais heureuse, et pensais qu’aucun obstacle ne pourrait plus faire barrage à ce nouveau bonheur que je venais de rencontrer : oui, moi, Anna C, j’allais enfin vivre ma vie avec un homme qui chaque jour remplissait mon cœur d’étoiles et de soleil.
Pourquoi la vie est-elle si compliquée ? Pourquoi, alors que l’on décide de complètement s’abandonner à ce que la vie nous tend de beau et de nouveau, l’ancienne œuvre inachevée qu’on croyait terminée revient nous hanter et nous tourmenter ?
« Regarde, je suis là, je suis en toi, moi je n’ai rien oublié, rien effacé : tu me laisses inachevée, mais de quel droit ? Moi aussi j’ai droit à une fin digne de ce nom, au point final à l’histoire que je suis, même si toi tu ne m’aimes plus. Tu n’y pourras rien, et moi non plus d’ailleurs. Je resterais là, enfoui dans une faille au fond de ton cœur, prête à ressortir à la moindre occasion. Je ne pourrais jamais partir, je ne pourrais jamais mourir. Sans ton aide pour marquer ma fin, je suis condamnée à errer en toi, et à te hanter jusqu’à la fin de tes nuits ».
Une peine à laquelle mon cœur se raccroche, des regrets au creux de l’âme, des remords inavoués qui restent et vous poursuivent, vous enivrent de rage, vous transportent par delà la raison sur ce chemin glissant tissé par vos larmes de désespoir.
Mais que pouvais-je y faire ? Comment t’éteindre, toi, braise isolée enflammant mon cœur à ces heures noires et sordides où le mal et la tristesse viennent roder et vous enfermer entre leurs doigts de pierre ?
Mon esprit errait encore dans les méandres entremêlées de ses souvenirs teintés de regrets, sujet auquel je n’arrêtais pas de me sermonner : je devais cesser d’y penser, je ne pourrais construire mon histoire qu’en balayant les ruines maudites de mon passé tortueux.
Il faisait froid ce jour là, mais l’heure n’était pas encore au travail : il me restait plus d’une heure à tuer avant la reprise. Je décidais de rentrer me mettre au chaud dans ma librairie favorite. Je me baladais entre les différents étages, puis me résignais finalement à redescendre vers la sortie, n’ayant trouvé mon bonheur.
C’est alors que je l’aperçus. Il était de dos, mais je l’aurais reconnu entre milles autres hommes. Aymeric. Il se retourna alors et nos regards se croisèrent. S’il me vit, il ne me reconnut pas. S’il me reconnut, il ne le montra pas. Ma descente de l’étage touchait à sa fin ; ma descente aux enfers reprenait vie devant mes yeux.
Tout revient clairement défilé devant moi.
La rencontre fortuite, nos premiers mots d’amour.
Nos un an, et nos an et demi.
Et puis la chute, la rupture quelques jours avant mes examens.
L’incompréhension et son lot de monstruosité.
Les vacances paradisiaques promises.
Les vacances infernales reçues.
Le désespoir, la douleur.
La dispute, la violence, les insultes, et peut être même les coups…
Les pleurs.
La solitude face à l’impossibilité de s’exprimer autrement qu’à travers des larmes.
Son air compatissant cachant mal le triomphe de sa grandeur et de sa suprématie sur moi lisibles dans ses yeux, moi réduite à n’être plus qu’une « simple » fille, lui élevé au rang d’homme.
Guerre des sexes.
Guerre du sexe.
Rions. Au fond, peut être que les hommes ne sont-ils pas tous des obsédés qui vous quittent parce que vous vous refusez à eux ?
Me revient également en mémoire la tension palpable, l’électricité saturant l’air avant que n’éclate la tempête. Et le soulagement avant les regrets lorsqu’éclate la guerre.
Et toujours les mêmes interrogations qui vous envahissent et vous angoissent.
Lutter désespérément contre l’envahisseur Larmes et ses lieutenants Nœuds à l’estomac et Nausées.
Mais j’ai tant supporté en silence, tant de fois dit oui quand à l’unisson mon cœur et mon corps criaient non ! Je ne peux plus rien faire, à part déposer les armes devant lui à cet instant où je suis complètement seule.
Tout ceci se fait totalement contre mon gré. Et je pleure. L’instant d’après ce combat cinglant, alors qu’il se tait et s’en va, je comprends que tout est définitivement fini. Je ne le verrais plus jamais, et l’on se quittera sur mes nombreux regrets teintés d’amertume, sans que tous ces mots, que je n’ai pas su lui dire, n’aient pu franchir le seuil de ma bouche.
Fin du désastre.
Début d’une autre histoire, mais entachée par quelque chose, une force, une poussée qui la dépasse. L’histoire nouvelle veut aller en ligne droite, tenir la route, filer comme le vent.
Mais la fin du désastre en a décidé autrement.
Et à cet instant, peut être va-t-il à nouveau reprendre forme humaine sous les traits de mon bourreau d’antan. Mais qui me disait qu’une autre confrontation porterait ses fruits ? Quelles garanties avais-je que, cette fois-ci, la situation tournerait à mon avantage ?
Ce rendez vous inespéré allait-il enfin m’accordait le soulagement et la sérénité après tant de mois d’angoisses et de regrets ?
Après tout, cela faisait plus d’un an déjà que l’histoire s’était achevée, du moins pour lui. Qu’allais-je donc bien pouvoir lui dire ? C’est vrai, j’avais peur de paraître bête, et qu’il se dise encore une fois que décidément oui, il était bien plus supérieur à moi. Je l’entendais déjà ricaner intérieurement :
« Quelle sotte ! Il lui a fallu un an et demi pour arriver à me dire combien elle me détestait, et combien ses larmes versées étaient empli de haine à mon égard et non de la pitié qu’elle voulait m’implorer comme j’ai pu selon elle le penser ? »
Peur de l’échec, encore et toujours, peur qu’il ne voit en moi que ce qu’il voulait bien comprendre, et de faire encore éclater sur moi son évidente « supériorité masculine ».
Je continuais mon chemin, m’arrêtais. Hésitais. Revenais sur mes pas. Non. J’étais une femme forte, de caractère. C’est ainsi que je m’étais toujours vu et voulu. Et je devais saisir ce coup de pouce du destin pour remettre les pendules à l’heure et chaque égo blessé ou surdimensionné à sa place.
Je continuais donc mon chemin dans sa direction, voyant qu’il n’avait d’ailleurs pas bougé d’un pouce, et qu’il semblait quelque peu trop intéressé par les ouvrages de littérature française qui se trouvaient devant lui, pour quelqu’un qui n’avait jamais réussi à lire autre chose que des mangas ou des revues pour adultes…
Je m’arrêtais juste derrière lui, toussotais, gênée. Il feinta la surprise en me découvrant.
J’ouvris la bouche, la refermais. Le souffle me manqua soudain. Cela faisait un an et demi, autrement dit des siècles pour mon esprit tortueux et torturé que je ne l’avais pas vu, que je ne l’avais pas regardé face à face, droit dans les yeux.
« Salut toi ! Ca va ?
-Salut ! Bien et toi ? Qu’est ce que tu deviens ? »
Echange de politesse.
Puis plus rien. Le vide une fois de plus qui s’ouvre sous mes pieds et la peur de ne plus trouver mes mots. Une année que je ruminais sombres pensées, remords, rancunes même, une année pour penser à toutes des choses, une année à pleurer sur les erreurs du passé que je pensais avoir commises.
Et j’étais de nouveau là offerte à lui comme sur un plateau, mais cette fois bien décidée à sortir ce flot de mots et de pensées assassines que j’aurais déjà du lui dire depuis longtemps.
Mais les faits parlaient d’eux-mêmes : le destin m’avait offert la chance de pouvoir m’exprimer une dernière fois, pourtant à ce moment précis tout s’évanouissait. Emotions, paroles, sentiments, tout en et autour de moi respirait le vide, comme si l’instant entre le présent immédiat et la phrase que j’allais prononcer d’une seconde à l’autre était suspendu hors du temps.
Le calme se fit soudain dans mon esprit, et durant ces quelques secondes de répit, je compris que si je ne parlais pas, c’était parce que cela m’était devenu inutile. Je m’étais construite durant l’année écoulée le mythe selon lequel une rencontre fortuite avec lui me permettrait d’épancher ma souffrance pour renvoyer la haine et le mépris dont j’avais été la victime à mon agresseur. Mais non. Penser cela ne fut qu’une grossière erreur. Pour preuve, il était là en chair et en os devant moi, pourtant mes lèvres restaient désespérément closes, et mon esprit tournait à vide. Je n’avais rien à lui dire. La conclusion était là, fatale, mais s’imposant d’elle-même : cette entrevue ne se déroulerait pas selon le plan prévu et tant rêvé.
Nous avons discuté, de tout, de rien. Je n’ai pas cherché à savoir avec exactitude son état d’esprit du moment, ni s’il vivait une autre histoire ou s’il était heureux. Certainement ne voulais je pas torturer mon esprit avec cela, ni lui donner une raison de divaguer à nouveau, alors que je venais à peine de le sortir de sa prison de verre.
Et j’ai de mon côté gardé au fond de moi ce que j’avais tant ressassé ces derniers mois. Je pensais finalement ne pas avoir besoin de les exprimer.
Comment expliquer ça ? Peut être serait-il vain de chercher une explication là où il en existe certainement aucune. Je ne pouvais pas deviner ce qu’il se passerait si je le rencontrais, ce qui se passerait dans ma tête et dans mon corps. J’avais fabriqué avec mille soins une bulle de consolation pour panser mon âme lancée à la dérive. Mais aujourd’hui cette bulle, je n’en n’avais plus besoin, car après lui avoir dit au revoir, et repris le chemin de ma vie comme si cet événement s’était déroulé hors de notre espace temps, je sus que j’avais malgré tout gagné : le long de mes joues coulaient les larmes de la liberté.